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LES AGRICULTEURS AFRICAINS ACCUSENT LEURS GOUVERNANTS…
Abdoulaye Barry
Réunis vendredi pour une conférence à la bibliothèque nationale de Bamako, diverses associations et organisations paysannes ont évoqué l’idée selon laquelle les vrais responsables du retard de l’Afrique sont les gouvernants africains eux-mêmes. |
Ils sont venus en grande partie de pays dont l’agriculture constitue le pilier de l’économie comme le Burkina Faso, le Cameroun, le Mozambique, la Gambie et Madagascar, pour débattre de l’accès à l’eau et à la terre en Afrique.
C’est Cyprien Essong Ze, membre d’une association paysanne du Cameroun, qui a estimé que le premier combat à mener par les paysans africains, c’est de se regrouper car, souligne-t-il, ‘’nos ennemis ne sont pas loin de nous, ce sont nos gouvernants qui s’accaparent de nos terres en disant qu’elles appartiennent à l’Etat’’.
Il estime que pour avoir une bonne production alimentaire, il faut avoir accès à l’eau et à la terre. Toutes les crises alimentaires que connaît l’Afrique sont dues, selon lui, à la défaillance de l’eau et des terres.
‘’Un paysan sans terre est un organisme sans vie’’, renchérit un membre de l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité du Burkina Faso. Pour atteindre la souveraineté alimentaire, poursuit-il, il faut avoir accès à l’eau et à la terre d’abord. Il préconise alors une organisation de tous les acteurs (ONG, producteurs, etc.) afin de sensibiliser les populations par rapport à l’impact négatif des politiques néolibérales. ‘’Il nous faut une ouverture d’esprit et ne jamais avoir honte de consommer ce que nous produisons’’, confiera-t-il à ses pairs.
Toutefois, les politiques néolibérales, reconnaissent la plupart des participants, assassinent les productions des pays du tiers monde.
Les participants ont, à l’issue de cette rencontre, convenu de former un pool de communication en vue de faire pression sur les responsables au niveau des organisations sous-régionales telles que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) afin que les politiques qu’elles développent tiennent compte des aspirations des peuples.
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